Trans Mecs & Mecs

Pomosexuals or Challenging Assumptions about Gender and Sexuality - 1997

vendredi 5 septembre 1997

Pomosexuals est un recueil de récits autobiographiques de personnes présentant une sexualité et/ou une identité de genre différentes de la norme binaire, hétéro voire homosexuelle. On rencontrera bisexuel, pansexuel, lesbienne, gay, trans, lesbienne à relation gay et S/M, gay à relation hétéro avec des hétéro par le net, fille à "pédés", etc..., bref des personnes auxquelles des définitions trop cloisonnées cherchent à s’appliquer mais ne font que s’entremêler et s’auto-annihiler, se cumuler contradictoirement, des personnes qui se jouent de ces concepts, en usent et abusent, qui s’en moquent, qui ne se donnent pas de nom mais portent les étiquettes que les autres leur assignent, qui souffrent des discriminations induites par ces cloisonnements, qui font le choix d’être libres d’être eux-mêmes et de ne pas cantonner leur identité et leur(s) sexualité(s), de ne pas se cantonner.

Deux récits en particulier :

"Stroking my Inner Fag" - Jill Nagle

Le récit d’une lesbienne butch bi qui se découvre être un FtM gay. Le côté gay efféminé l’avait empêché de se découvrir transgenre. Un trans FtM gay qui à la fin du récit montre sa sexualité telle qu’elle est, usant de tout ce que son corps lui a donné pour se faire du bien, notamment avec une relation gay couronnée d’une pénétration vaginale, pour bien montrer que genre et sexualité peuvent et devraient pouvoir se désintéresser du sexe biologique.

"The Personals" - David Harrison

Un trans FtM initialement défini comme lesbienne puis comme homme hétéro trouve ses repères bouleversés quand il constate qu’il est attiré de plus en plus par les hommes. Sortant d’une relation de quatre ans et demi avec Kate Bornstein, trans MtF, il part à la conquête des hommes.

Au départ il ne conçoit pas qu’un gay voudra de lui à cause de ce qu’il y avait et n’y avait pas entre ses jambes. Cette opinion a au départ été confirmée par ses recherches sur le net, personne ne répondant à l’annonce, pour la simple raison que les FtM sont inconnus de la population. En entendant trans on traduit automatiquement par MtF. Et autant les MtF sont idôlatrées dans la pornographie (pas pour elles-mêmes évidemment mais pour la part de fantasme de chacun), autant les FtM sont tout bonnement invisibles et le terme de sexy ne peut s’appliquer à eux. Et ainsi cela explique l’ignorance et méconnaissance des gens au sujet des FtM.

David nous transmet certains dialogues qu’il a pu tenir avec des internautes. Des dialogues dont on retient que par exemple bi- (identifiés comme hétéros) et hétérosexuels répondent souvent aux annonces et qu’immanquablement ils recherchaient en fait en David une femme. Que les gens pensent qu’il passe physiquement pour une fille masculine. Que s’il a transitionné, il devrait vouloir des femmes et non des hommes,tout comme assumer le rôle du mâle dominant dans une relation sexuelle. En d’autres termes se conformer au système hétérosexuel.
David aborde le fait qu’il aime se faire pénétrer vaginalement, que c’est une pratique dont il culpabilisait auparavant. Mais comme il l’explique, durant la transition, il a compris, que s’il aimait quelque chose qui lui apportait du plaisir, il ne voyait pas pourquoi il s’en priverait car cela ne conviendrait pas à d’autres notamment dans leur vision de ce qu’un homme devrait être et faire.

Il parle aussi de sa colère, de son impatience parfois, comme de sa patience et indulgence. En effet les gens n’ont pas l’information que les FtM existent donc on ne peut les blâmer pour leur ignorance. Mais parfois il y a un ras-le-bol de devoir chaque fois s’expliquer et "éduquer" les gens. Heureusement que certaines personnes prennent l’info sans prise de tête majeure. Quant à la peur de ne trouver personne d’intéressé, David a constaté qu’en fait pour beaucoup de gays la masculinité était bien plus importante que la queue et que ce n’était qu’un aspect de ce concept. Tout comme il a réalisé que loin d’être moins à l’aise avec sa sexualité comme son image corporelle, il paraissait se débrouiller honorablement et beaucoup de gens avoir des choses à reprocher à leur propre corps qu’elles auraient bien voulu changer.
Ainsi il en vint enfin à pouvoir se considérer comme désirable et sexy. Un grand schisme s’est produit dans sa sexualité, car son éducation de fille lui a permis de présenter des comportements en accord avec son homosexualité, et du fait de son regain de confiance en lui et de la distinction faite entre sexe et amour (hormones).

Il conclut avec une conversation avec une amie :
(traduction)
"Alors, tu as eu du sexe gay avec ces mecs ?"
"Comment ça du sexe gay ?"
"Tu sais bien,... Enculer."
Okay.... Quand deux femmes s’enculent, ont-elle du sexe gay, ou sont-elles juste en train de s’enculer ? Que penser d’une femme enculant un mec ? Et si c’est une lesbienne et un gay qui couchent ensemble ? Ou un homme prenant un autre homme vaginalement ? Est-ce un rapport hétérosexuel ? Comme mon ami James me l’a dit après que nous ayions couché ensemble la première fois : "Le sexe ne concerne pas des parties de corps. C’est le fluide érotique qui lie deux personnes l’une à l’autre.


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