Trans Mecs & Mecs

Original Plumbing - Ayden

vendredi 4 septembre 2009

J’ai rencontré ce bear canadien quand il était en vacance en famille à San Francisco. Il m’a invité dans sa chambre sympa et clean pendant que ses parents visitaient les alentours ; nous avons tiré parti des coussins duveteux et avons eu une bataille d’oreillers surprise. Une fois notre violence calmée, nous nous sommes installés et il m’a tout dit au sujet des « beef balls », des back rooms et de ses poils magiques.

Amos : Comment c’est d’être un homme gay avec un historique trans à Toronto ?

Ayden : Ça devient plus facile. Je pense que c’est une période excitante pour être un homme trans gay... ça fait un peu comme d’être à la pointe, mais sans être le seul ou être totalement incompris. De plus en plus de mecs que je rencontre ont au moins entendu parler d’hommes trans, même si c’est juste par Buck Angel et Thomas Bettie – et donc ensuite je dois expliquer que je ne veux pas nécessairement qu’ils baisent ma « chatte » et que je ne veux vraiment pas avoir de bébé. Je me sens toutefois vraiment en dette par rapport à ces mecs, et envers ceux moins célèbres qui ont revendiqué leur droit à exister dans le monde (en particulier les autres hommes gay ayant transitionnés) et qui ont rendu ma vie possible et intelligible pour les autres. Si je devais résumer comment c’est, je dirais que je baise assez, mais que ça serait sympa de pouvoir avoir du sexe anonyme totalement improvisé sans devoir parler et expliquer tant de choses avant.

Est ce que tu fais partie d’une communauté en particulier à Toronto ?

Toronto a une communauté trans assez grande et vibrante, dans laquelle je suis inséré professionnellement. Au niveau perso, je fais parti de deux trois communautés d’hommes gay et queer (trans et non-trans) et bears qui se superposent – mais de fais partie de celles qui partagent mes valeurs, centres d’intérêts, et opinions politiques/militantes, pas juste parce qu’on se ressemblent tous physiquement ou un truc de ce genre. J’aimerais vraiment avoir une communauté d’hommes gay transitionnés, je peux compter sur une main tous les mecs que je connais qui ne sortent qu’avec des mecs. Pas que ça soit le concours de qui est le plus gay ou quoi ; mais ça serait vraiment sympa d’avoir plus de monde autour de moi qui sont dans le même bateau. La plupart des mecs trans que je connais ont tendance à aussi sortir avec des femmes ou sortir seulement avec des hommes trans, parce que ce sont leurs préférences ou à cause des challenges à sortir avec des hommes gay non-trans. Je comprend tout à fait ça, mais ça me laisse de temps en temps avec le sentiment que je n’ai pas beaucoup de modèles ou de camarades. Mais j’aime mes aventures avec des gays « 100% gay », et je pense qu’en prenant des risques et en m’insérant dans la communauté gay masculine plus globale, je travaille à créer la communauté que je veux, où les hommes trans peuvent revendiquer notre place en tant qu’homme gay sans que notre historique trans soit toute une affaire. C’est un processus lent, cependant, et je sais que ma capacité à être si optimiste est que je suis assez bien accepté et désiré en tant qu’homme gay parce que je « passe » complètement et rentre dans une esthétique particulière bear vaguement artistique blanche et gay.

C’est quoi un gay « 100% gay » ?

Les gays 100% gay sont des mecs qui n’ont jamais couché avec des femmes (ou des hommes trans, généralement) auparavant, donc qui n’ont jamais eu affaire à notre, hum, tuyauterie. Ce sont ceux que je préfère parce que c’est tellement bon de les voir tout nerveux au début puis qu’ils terminent en aimant ça et en en redemandant.

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Parle moi des « beef balls » s’il te plait !

Une « beef ball » c’est quelques centaines de mecs poilus, costaud, à moitié nu, en jeans et cuir se mettant en sueur et dansant et suçant des bites dans la backroom. C’est carrément super, si tu n’y réfléchi pas plus que ça. C’est le genre de truc auquel je ne serais jamais allé jusqu’à récemment, c’est définitivement un endroit intense pour y être en tant qu’homme trans. Mais j’y ai passé un super moment la fois dernière. Ça fait quelques temps que j’expérimente avec les backrooms et comment me sentir confortable de faire du sexe à l’intérieur, en particulier quand il s’agit que je jouisse et que je ne fasse pas que sucer (pas que ça soit une mauvaise chose en soi). Mes stratégies sont assez efficaces.

Tu veux bien faire part de certaines de tes stratégies en backroom pour ceux d’entre nous à la recherche de tuyaux ?

J’ai tiré la conclusion que je ne veux pas avoir du sexe anonyme sans avoir la possibilité de dire que je sois trans, parce que je mérite aussi de jouir, tu comprends ? J’aime sucer autant que n’importe quel pédé, mais je suis gourmand et je veux plus que ça. Donc je préfère de loin trouver des mecs qui sont ok avec le truc trans (ce que je faisais dans d’autres contextes sociaux, mais que j’ai commencé à faire avec des inconnus dans les boites ou les bars) et aller dans un coin sombre et leur parler. Ensuite le but du jeu est de ne pas offrir à toute la pièce une grosse surprise trans (bien que ça soit quelque chose que je veux essayer un jour). Donc, ça consiste beaucoup à me faire sucer à travers ma braguette. Je veux trouver un gars qui prétende de s’étrangler juste comme il faut.

[…]

Des histoires intéressantes au sujet de tes poils et de la communauté bear ? Des commentaires que d’autres ont eu au sujet de tes poils ?

Mes poils sont un sujet fréquent de conversation pour quasiment tout le monde. J’ai eu des coiffeurs me demander si ça m’intéressait de me faire épiler le dos (NON) et des coups potentiels me demander s’ils pouvaient me couvrir de crème épilatoire ou me raser (NON). J’ai eu aussi beaucoup d’hommes non-trans avec peu ou pas de poils me demander comment j’étais devenu si poilu, comment ils peuvent devenir plus poilus, ou si prendre de la testo va les aider à en faire pousser plus. Je pense qu’ils ont l’impression que mes poils ont quelque chose de magique, comme les licornes. Ils sont très déçus quand je dis que la réponse c’est « mes gênes et un taux de testo dans la norme masculine ». Les bears ont tendance à poser moins de questions stupides au sujet de mes poils, mais ils sont souvent surpris qu’un mec trans puisse être si poilu. Bon, je suppose qu’ils sont souvent surpris par à quel point je suis poilu même quand ils ne savent pas ce qu’il y a dans mon pantalon. Globalement, mes poils m’apportent beaucoup d’attention positive de la part de bears, c’est sûr. Mon torse et mon dos sont frottés par beaucoup de vieux cochons (ceux que je préfère !).

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