Trans Mecs & Mecs

Déguster un café au lait avec le spécialiste du programme hommes trans - 2012

lundi 17 novembre 2014

Par Kelly Lovemonster
Niko Powell est ici pour éduquer au sujet de la sexualité des mecs trans –et en particulier quand elle croise la culture de drague gay.

J’avais pensé que ça serait marrant de conduire l’interview d’aujourd’hui dans un sauna. A l’inverse je me suis retrouvé à siroter un grand crème au lait de soja dans l’un des innombrables coffee shop à la mode du quartier de Mission –une option pas aussi intime, mais probablement meilleure pour ma prise de note. Pour une fois, j’étais à l’heure, et j’ai patiemment attendu l’éducateur sexuel de San Francisco, Niko Howell.

J’adore l’intitulé officiel du poste de Kowell, spécialiste du programme pour hommes trans. Ça sonne si glamour, et en vérité, ça l’est. Kowell est le créateur de la nuit Transmenformen de San Francisco, qui prend place chaque second et quatrième jeudi à Eros, l’un des saunas gay les plus innovants de San Francisco. A TM4M, comme l’événement est surnommé, Kowell facilite des groupes de dialogues pour des hommes trans et queer qui veulent avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes. Il enseigne les tactiques de drague en sauna (lancer des regards timides par-dessus son épaule en étant une), diffuse des films à thématique transgenre et queer, et met en place une classe de yoga presque nu.

Pendant la matinée que nous avons passé ensemble, Kowell et moi avons parlé de la culture sauna et de baiser ave des hommes trans. Il a aussi discrédité la rumeur voulant que tous les hommes trans qui couchent avec des hommes sont passifs.

San Francisco Bay Guardian : Parle-nous de tes expériences avec le genre et la sexualité, en particulier au sein de la culture saunas et de la drague gay.
Niko Kowell : Découvrir la drague gay a été intéressant. Quand il s’agit de sexe, je viens d’une culture très communicative, consensuelle. Et j’ai dû apprendre à draguer des hommes dans un sauna d’une manière complètement différente. Ça a beaucoup plus à voir avec les regards. Etre trop verbal peut être vu comme débandant. J’ai dû aussi penser à des façons créatives de dévoiler que je suis transgenre. Récemment, j’ai commencé à me montrer sous ma serviette pour signaler à des mecs sexy que je les trouvais attirants.

Je supposais beaucoup de choses sur les espaces de drague masculine. Les gens dans les sexe-clubs sont en recherche de coups d’un soir. C’est généralement ma pratique du sexe sans risque qui me fait prendre des râteaux, pas le fait que je sois transgenre. Ça m’a fait du bien d’apprendre que le fait d’être trans n’est pas toujours la raison pour laquelle des gens ne sont pas intéressés. Il y a tout un tas de raisons pour lesquelles quelqu’un pourrait ne pas être intéressé. J’ai aussi dû apprendre comment défendre mes intérêts. C’est important de connaitre vos limites et d’être prêt à s’y tenir.

SFBG : Parle-nous de la séquence d’événements qui ont abouti à ta position comme spécialiste du programme pour hommes trans.
NK : Il y a cinq ans quand j’étais à la fac je suis venu à San Francisco et j’ai fait un stage à Eros. J’étudiais la psychologie, et je travaillais à un article intitulé “First Timers’ Guide to Playing With a Transguy.” Je suis reparti en Ohio, passé mon diplôme et suis promptement revenu à SF.

A mon retour, je travaillais à temps partiel à Eros quand Luke Woodward, le superviseur précédent de Transthrive, m’a embauché en tant que travailleur indépendant pour organiser des événements Transthrive. En octobre dernier notre programme a reçu une subvention et à présent je peux me concentrer principalement sur des activités pour hommes trans. TM4M est une collaboration entre Eros, Trannywood Pictures, and Transthrive, un programme du Asian Pacific Islander Wellness Center.

SFBG : Eros est déjà connu pour être un lieu masculin queer et trans-inclusif. Pourquoi faire une nuit spécifiquement tournée vers les hommes trans ?
NK : C’est important que TM4M se passe à Eros parce que cela fait rentrer des hommes trans dans un espace masculin. C’est le début de la construction d’une communauté entre les hommes trans et les hommes cis, et ça apprend à tout le monde à avoir du sexe sans lendemain de manière sécurisée avec différents types de corps. TM4M est un lieu où les hommes trans peuvent parler de ce que ça fait de transitionner et d’être toujours attiré par le même genre. Je veux atténuer la honte autour de transitionner et d’avoir une sexualité.

SFBG : Sur quels autres projets ou événements tu travailles actuellement ?
NK : Je travaille avec Trannywood Pictures sur un projet documentaire autour des hommes trans et leur relation à leur pénis, que ça soit la bite qu’ils mettent ou la bite qui a grandi avec la testostérone. Ce projet a été inspiré par le documentaire de 1999, Private Dicks, un docu au sujet de mecs cis et de leur relation à leur pénis.

SFBG : Comment tu t’identifies au genre de nos jours ?
NK : Je m’identifie fortement comme transgenre. J’utilise des pronoms masculins, et je me sens fortement genderqueer. Je suis très fier de mon passé féminin. C’est important pour moi. Je crois que je m’identifie comme queer d’une manière générale quand il s’agit de ma sexualité et de mon genre.

SFBG : Est-ce que tu sors actuellement avec quelqu’un ?
NK : Je suis dans une relation non monogame avec une femme cis. Je m’amuse principalement avec des hommes, et elle s’amuse principalement avec des femmes. Ça fonctionne pour nous.

SFBG : Dit-nous quelque chose d’intéressant et de sexy.
NK : Je suis versatile. C’est dur pour moi de trouver des hommes cis qui veulent que je sois actif avec eux. Je veux juste mettre un terme à la rumeur qui veut que tous les hommes trans qui couchent avec des hommes sont passifs. C’est pourquoi j’ai écrit les 5 bonnes raisons de baiser avec un mec trans :

1. Les mecs trans sont bandants
2. Les bites trans sont de toutes les formes ou tailles que vous voulez, et ne débandent jamais
3. 3 orifices sont mieux que deux
4. Les petites mains font les petits poings
5. La curiosité est un vilain défaut, mais qui apporte beaucoup de satisfaction

Je suis en partie provocateur avec ma liste, et je reconnais que tous les hommes trans sont uniques dans la manière dont ils veulent vivre le sexe et leur sexualité. Je veux que les gens gardent en tête que certains hommes trans ne seront pas d’accord avec ces raisons.

SFBG : Qu’est-ce que créer un espace sexe-positif veux dire pour toi ?
NK : Un espace sexe-positif devrait être exempt de jugements. Il n’y a aucune manière sûre et certaine d’être un homme ou d’être sexuel. Vous devriez être sexuel d’une manière qui a du sens pour vous. Quand je facilite des discussions autour du sexe c’est important que tout le monde dans la pièce reste ouvert et en soutien.

En tant que facilitateur je suis honnête au sujet de mes expériences. Je couche avec des hommes et des femmes. J’ai fait du porno. Les personnes qui reviennent aux activités que j’organise sont résolues à cultiver un lieu sexe-positif. Il s’agit de diversité et de vraiment se connecter à la diversité des façons d’être queer. Les gens devraient avoir le lieu dont ils ont besoin pour partager leurs expériences personnelles, et nous avons besoin de vraiment se soutenir les uns les autres aussi en tant que communauté GLBTQI plus vaste.


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