collapse

Rencontres


Auteur Sujet: Témoignage prise d'un TPE suite à un viol - 2010  (Lu 193 fois)

En ligne Lazz

  • Admin
  • Membre
  • Join Date: avril 2008
  • Messages: 546
  • Localisation: Centre-Bretagne
Témoignage prise d'un TPE suite à un viol - 2010
« le: 07 juillet 2010, 06:56 am »
La personne qui l'a écrite souhaite rester anonyme.
(Pour en savoir plus sur le TPE: Le Traitement Prophylactique Post Exposition http://www.actupparis.org/spip.php?article3030 )


"TPE

Mes amies m’ont dit parle, parle, raconte, explique, soulage toi…. C’est vrai de quoi j’aurais peur...

J’ai des tendances pédés (ça arrive aux gens biens), je suis trans en plus, je fais des rencontres internet, j’ai appris à parler pédé : plans, uro, direct, réel, cam, Kpote, bbk, act, pass, suce… j’ai appris à connaître ce monde violent, direct que sont les rencontres internet, tu es un bout de chair et l’autre aussi. On sait tous les deux pourquoi on est là, et généralement on ne va même pas prononcer un mot.

Bien sûr, j’explique mon corps, être trans dans ma ville c’est pas courant, et en plus pédé encore moins. Du coup je simplifie, rentrer dans des notions de genres dans ce genre de conversation entre un "uro" et un "actif" ca fait débander. Du coup je suis le mec avec une chatte, et après peu importe ce qu’ils comprennent de mon passé, de ma transition, souvent d’ailleurs ils se trompent. Ce que je veux c’est rapide, intense, direct, sans blabla.

Au début, après un plan pédé, je me sentais sali, humilié, je n’ai toujours pas compris pourquoi. Au début je me jurais de ne me pas recommencer et pourtant j’y retournais… mais toujours avec capotes ! Toujours en imposant qui j’étais.  Avoir un rôle d’actif dans mes relations pédés, ne fut pas chose aisée, souvent chatte = passive. Du coup j’étais souvent passif.

Mercredi, j’étais passif, j’étais soumis… j’avais dit « je veux un plan avec capote» toujours avec capote. J’étais la tête contre un arbre, forcé à me faire empaler par une bite sans plastique, contraint à prendre le jus. Il se rhabille, je reste sonné là…

J’appelle M : «  Faut que j’aille prendre un TPE » Traitement post exposition. Les hôpitaux, c’est pas mon truc, enfin ce n’est pas le truc de beaucoup de gens, mais encore moins le mien, c’est un lieu synonyme pour moi de discriminations, de refus de soin…

TPE… TPE… finalement le rapport non consenti non protégé passe après, il faut que je prenne une tri thérapie, je ne fais que de me répéter ça. Il faut que je la prenne pour éviter le VIH. Je connais le TPE, je connais le mode d’administration, avant 4 heures c’est mieux après 48 heures c’est foutu. En plus il faut que je prenne une pilule du lendemain… il y a peu de risque mais je ne veux pas courir le moindre risque.

M et M m’emmènent aux urgences, elles sont tristes, en colère. Je crois que je tiens le coup. J’attends 4heures aux urgences je crois… enfin après le délai qu’on m’a appris….  On me pose des questions, je mentirai, non ce n’était pas un viol. Je veux que tout ça s’arrête… je veux me réveiller et que tout soit un mauvais cauchemar.
J’explique à M et M mon ressenti... Je suis trans, je suis plus sujet aux discriminations, aux viols... je suis une population à risque ? Je leur dis que je ne veux pas que personne sache, je leur dis que je ne veux pas porter plainte. Je suis militant pourtant... je ne me comprends pas mais c’est mon instinct, il me dit de me protéger.

On me file le pilulier. Une prise de sang, on me fait signer des documents. Le médecin était gentil.  Je dors chez elles et je prends mes cachets. La première nuit était plutôt simple, mal dormi mais finalement je n’ai pas vomi.

Le lendemain matin direction le M.I.T. pour avoir mon traitement pour 15 jours et refaire le point. Prise de sang. Je sens comme une lassitude chez les soignants, qui restent gentils mais usés…  Je dois revoir l’interne dans 15 jours pour voir l’état de mon foie. Je reprends mes cachets. Ils sont énormes.

Aujourd’hui je mange, je vomis. J’ai commencé à avoir la diarrhée.  Dans 10 jours, j’aurais moins d’effets secondaires.

Dans 10 jours j’aurais moins mal

Dans 15 jours, je fais le point

Dans 1 mois, j’arrête la tri thérapie

Dans 2 mois je fais un test hiv

Dans 4 mois, on vérifie la syphilis

Enfin si j’ai tout compris.

Je ne veux pas être séropo, je sais à quel point ca peut changer une vie, je ne veux pas que ma vie soit changée par cette maladie.

Je ne sais pas ce que je vais faire de ce texte… je sais que si je le publie, on parlera….. on se demandera pourquoi je ne porte pas plainte, pourquoi, pourquoi, pourquoi….

Mais dans ma tête ça fait cachets, cachets, cachets….. et moi j’ai peur….."
« Modifié: 29 novembre 2011, 11:31 am par Lazz »

Hors ligne Gabrielmathéo

  • Membre
  • Join Date: mai 2010
  • Messages: 12
Re : Témoignage prise d'un TPE suite à un viol
« Réponse #1 le: 16 juillet 2010, 15:07 pm »
je vais pas dire que je sais ressent car c'est faux.

mais je comprend que tu ne veuille pas porter plainte. avec le recul je peut dire qu'on se sens plus coupable d'un viol que le violeur.
moi aussi je suis militant. moi aussi je serais du style a dire au gens de porter plainte.

pour mon viol je n'ai pas porter plainte. pour quoi? on trouve miles raison plus ou moins valable. je crois que être violer est suffisamment humiliant en soi pour se le répéter devant les flic, devant un juge, devant son violeur, devant sa famille et ses amis.

mais on oubli pas. et notre corps n'oublie pas.
on apprend a vivre avec.

je sais pas si ça peu etre une forme de soutient mais j'hespere que tu n'aura pas atraper le sida. en parler meme en anonyme aide a déculpabiliser.
c'est afreusement con ce que je vais dire mais tu doit l'entendre le plus possible.
ce n'est pas ta faute.
même quand on le sais au fond de nous c'est pas toujoours tres clair.
alors non ce n'etait pas ta faute.

si tu veu en parler anonymement on peut toujours demander a Lazz de transferer pour que tu reste anonyme mais ne garde pas ça pour toi ça fait des dégats.

après chacun réagit de manière différente.